» Hausse des prix : la CAPEB 71 demande au Préfet des mesures d’urgence pour le BTP !

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Le 21 mars, le Président de la CAPEB 71, Denis GUIGUE, artisan menuisier, accompagné d’un Vice Président, Jérôme JACOB, artisan maçon, et du Secrétaire Général, Emmanuel LEBLANC, ont été reçus à la Préfecture à MÂCON par M. Julien CHARLES, Préfet de Saône-et-Loire.

 

Le Préfet était assisté de M. Franck LEVEQUE, Directeur des Finances Publiques du Département et de M.  Georges MARTINS-BALTAR, Directeur de l’emploi, du travail et des solidarités.

Les élus de la CAPEB 71 ont fait part au Préfet des fortes inquiétudes et difficultés des entreprises face à l’augmentation ininterrompue des prix des matériaux et des carburants. Ils ont demandé 15 mesures d’urgence pour le bâtiment et les travaux publics. L’occasion également d’aborder les questions de la pénurie de main d’œuvre et de la complexité des aides pour la rénovation énergétique.

 

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Nos élus étaient soutenus par une délégation de membres du Conseil d’Administration.

 

Alerte sur les hausses de prix !

  • La CAPEB 71 a alerté le Préfet sur les effets redoutés de l’inflation et sur une dégradation de la situation financière des entreprises artisanales du bâtiment en raison des marges très impactées (55 % des entreprises n’ont pas pu répercuter les hausses de prix de matériels et matériaux en 2021). La CAPEB 71 a indiqué être également attentive à la réaction des marchés et à la capacité et à la volonté d’investissement des clients (particuliers et entreprises) face aux tensions internationales et au contexte actuel anxiogène.

 

  • Les délégués de la CAPEB 71 ont rappelé que le carburant était un poste de dépenses très important pour les entreprises du BTP, qui par nature doivent se déplacer très régulièrement sur leurs chantiers pour réaliser leurs travaux (on estime à plus de 700 000 le nombre de véhicules utilisés dans le BTP en France). Pour les entreprises de TP et de gros œuvre, le poste carburant est le 2ème poste de dépense après la masse salariale.

 

  • Le Préfet et le Directeur des Finances Publics sont parfaitement conscients de la situation difficile des entreprises. Ils considèrent qu’il s’agit d’une crise brutale de l’offre et ils espèrent que les mécanismes régulateurs qui sont mis en place en ce moment, vont permettre qu’elle ne soit que temporaire.

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Des marges réduites et des risques de fermeture d’entreprises…

Dans ces conditions de fluctuations des prix, les entreprises artisanales rencontrent des difficultés pour maintenir leurs tarifs, rognent sur leurs marges ou pire, produisent à perte quand elles sont engagées par leurs marchés signés quelques mois auparavant. Elles subissent aussi des tensions fortes sur leurs trésoreries qui se dégradent. Il en va même de la survie de certaines qui pourraient être amenées à fermer en raison de cette crise.

 

Les insuffisances du plan de résilience pour le BTP !

  • Le Préfet a rappelé que le Gouvernement avait pris des mesures pour un montant de 26 milliards d’euros dans le cadre du plan de résilience, qui vise à atténuer les impacts de la crise (hausse des coûts des matières premières, de l’énergie et difficultés d’approvisionnement…) et qui concerne aussi les entreprises du BTP.

 

  • Les délégués de la CAPEB 71 ont expliqué que ce plan  présente un certain nombre des mesures qui vont dans le bon sens, mais que la CAPEB regrettait que certaines propositions spécifiques à l’artisanat du bâtiment qu’elle avait émises n’aient pas été annoncées à ce stade. Elle appelle donc le gouvernement à compléter les mesures annoncées pour amortir cette nouvelle crise auprès des artisans et TPE/PME du bâtiment.

 

  • Le Préfet a aussi expliqué que ce plan contenait des mesures qui pourraient avoir un effet levier et que d’autres mesures plus sectorielles pourraient être être annoncées prochainement suite aux négociations en cours avec le Gouvernement et les branches professionnelles concernées dont le BTP. En revanche, il y a peu d’espoir de voir réinstaurer un TICPE flottante comme le demande la CAPEB 71. L’Etat jugeant sont impact trop limité.

 

Voir les 15 mesures d’urgences demandées par la CAPEB 71

 

La pénurie de main d’œuvre qualifiée également au cœur des discussions …

  • La CAPEB 71 a expliqué au Préfet que, malgré la progression des recrutements dans l’artisanat du bâtiment, nos entreprises restaient confrontées à une forte pénurie de main d’œuvre qualifiée (maçons, couvreurs, techniciens…) dans la mesure où elles ne trouvaient pas la main d’œuvre nécessaire et suffisante pour répondre à la demande. Au cours du 2nd semestre, 31 % des entreprises artisanales ont cherché à embaucher. Pratiquement une sur deux n’y sont pas parvenues.

 

  • La capacité de production des entreprises artisanales s’en trouve affectée et cela compromet une relance qui pourrait être beaucoup plus forte. 

 

  • Pour tenter de  résoudre ces difficultés, la CAPEB 71 préconise d’actionner un ensemble de leviers à court et à moyen terme, qui s’articulent autour de 3 axes : redonner de l’appétence pour le travail, renforcer l’attractivité des métiers et améliorer la formation.

 

  • Le Préfet et le Directeur du Travail ont expliqué que le chômage avait fortement diminué en Saône-et-Loire (notamment celui de jeunes). Ils ont  exposé les actions mises en œuvre par le Gouvernement (réforme de l’assurance chômage, renforcement des moyens de PÔLE EMPLOI) et les actions locales qui sont menées en Saône-et-Loire. Ils se disent prêts à renforcer la coopération avec la CAPEB 71 et les autres branches professionnelles pour attirer les personnes qui restent les plus éloignées de l’emploi (bénéficiaires du RSA, chômeurs de longue durée).

 

La nécessité de fluidifier les marchés de la rénovation énergétique …

  • Les responsables de la CAPEB 71 ont également profité de cette rencontre avec le Préfet pour rappeler que plus que jamais, le contexte international, la hausse du coût des énergies et la recherche de davantage d’indépendance énergétique montraient toute la nécessité d’un grand plan en faveur des travaux d’économie d’énergie. Or, de nombreux facteurs, dénoncés par la CAPEB 71 depuis plusieurs années, freinent la réalisation de cette « conquête énergétique massive» :

 

  • Les aides à la rénovation énergétique se multiplient et évoluent chaque année rendant le dispositif de moins en moins lisible et le parcours client pour en bénéficier de plus en plus complexe. Plusieurs strates d’aides coexistent : les aides de l’Etat (MaPrimeRenov), les Certificats d’Economies d’Energie (CEE), les aides des collectivités locales, les aides de certains organismes sociaux (action Logement, Caisses de retraites…) …

 

  • Ce « maquis» nuit à la fluidité de l’engagement des travaux. Le client a des doutes sur ce qu’il peut faire. L’artisan ne peut conseiller sur l’ensemble des dispositifs d’aides (en outre, ce n’est pas son travail). Cela favorise les « éco-délinquants » et les offres agressives et parfois trompeuses (« 1 euro »). Les délais de traitement sont longs et décourageants. 

 

  • Le système est devenu tellement complexe qu’il faut recourir aujourd’hui à des assistants à maîtrise d’ouvrage (et demain à des « Accompagnateurs Renov ») pour monter les dossiers et accompagner les clients. Au final, beaucoup d’argent est dépensé et l’objectif initial de développement durable n’est pas atteint avec toute l’efficience attendue. L’argent public qui est investi dans le montage administratif de dossiers, n’est pas investi dans des travaux pour lutter contre le réchauffement climatique.

 

  • Le Préfet de Saône-et-Loire s’est déclaré conscient de ces problématiques et considère qu’il faudra revoir les dispositifs si l’on veut parvenir à massifier les travaux de rénovation énergétique. Il souhaite également que la mise en place de France Renov permette d’améliorer la situation. Il s’est engagé à faire remonter les préoccupations de la CAPEB 71.

 

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La CAPEB 71 remercie le Préfet et les Directeurs présents pour la qualité de l’écoute et des échanges. Les diagnostics sur la situation sont partagés et les représentants de l’Etat sont bien au fait des difficultés de nos entreprises. La CAPEB 71 a fait part de ses propositions dans un dossier très complet.

Reste maintenant à convaincre les autorités nationales de la nécessité de trouver des solutions rapides et complémentaires à celles déjà annoncées et espérer que les “mécanismes de régulation” initiés par le Gouvernement permettent d’amortir  au plus vite les conséquences de la crise. Car sur le terrain , nos petites entreprises souffrent tous les jours et leur activité est très compliquée !

 

Notre action continue… et vous pouvez nous aider !

  • La CAPEB 71 a également saisi tous les Parlementaires de Saône-et-Loire sur tous ces points;
  • Enfin, ces questions seront au cœur de l’Assemblée Générale de la CAPEB 71 de ce vendredi 25 mars à CHALON-SUR-SAÔNE.

 

Si vous voulez appuyer nos combats contre les hausses de prix, alors venez soutenir la CAPEB 71 et vos élus le 25 mars à l’AG à CHALON-SUR-SAÔNE

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