» Conjoncture : jusqu’à quand un tel niveau d’activité est-il possible ?

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Alors que l’activité des entreprises est au beau fixe, que les carnets de commandes sont remplis, le quotidien des entreprises n’a jamais été si compliqué sous l’effet des délais d’approvisionnement qui s’allongent et des prix qui flambent. Avec une question essentielle qui nous inquiète tous : jusqu’à quand un tel niveau d’activité est-il possible ?

 

Une activité dynamique dans le bâtiment…

Les résultats de l’enquête de conjoncture de la CAPEB 71 sont clairement satisfaisants avec une croissance de l’activité globale de + 3,5 %, + 3 % dans le neuf, de + 4 % dans l’entretien rénovation et même + 4,5 % pour les travaux d’amélioration de la performance énergétique.

Les mises en chantier affichent une hausse de +12,8 % et les autorisations augmentent encore plus fortement (+ 24 %), des signes encourageants pour les mois à venir comme le confirme le niveau des carnets de commandes, toujours à la hausse : 103 jours, c’est-à-dire 12 jours de plus que l’an dernier à la même époque.

Bref, l’activité a le vent en poupe et l’emploi s’en ressent : pour le 1er semestre 2022, les entreprises artisanales du bâtiment prévoient dans leur grande majorité (80 %) de maintenir leurs emplois et 19 % ont même l’intention de recruter. Et rappelons qu’au cours du second semestre 2021, 31% des chefs d’entreprise artisanale avaient voulu embaucher mais que seulement 17 % y étaient parvenus. Autrement dit, les difficultés de recrutement persistent.

 

Mais beaucoup de facteurs d’incertitude…

Les petites entreprises parviennent ainsi à tenir la barre et à maintenir leur activité comme leurs emplois alors qu’une conjonction de facteurs viennent leur mettre des bâtons dans les roues. C’est bien sûr, la persistance des complexités administratives et réglementaires mais aussi le manque de visibilité qui viennent jouer les troubles fêtes. Les difficultés d’approvisionnement demeurent et se sont même accentuées sous l’effet de la guerre en Ukraine.

L’enquête conduite par la CAPEB auprès de 1700 de ses adhérents pour mesurer l’impact des hausses de prix et des difficultés d’approvisionnement révèle que 56 % d’entre eux éprouvent des complications dans leur production et dans l’organisation de leurs chantiers comme de leurs équipes.

La même enquête montre que la hausse des prix au cours du 1er trimestre a été en moyenne de 18 %, soit autant que sur toute l’année 2021. Un changement notable toutefois depuis l’an dernier : alors qu’en décembre dernier, 55 % des entreprises artisanales du bâtiment ne répercutaient pas ces hausses dans leurs prix, elles sont maintenant 60 % à le faire. Mais elles le font modérément, en moyenne à hauteur de 40 % du montant de la hausse.

 

Malgré tout, les artisans restent optimistes…

Mais, et c’est là toute la force des chefs d’entreprise artisanale, malgré ce contexte invraisemblable, ils restent optimistes et plus de la moitié d’entre eux envisagent une stabilité de leur activité pour les 6 prochains mois, Un tiers pensent même enregistrer une hausse de leur activité… Toutefois, la CAPEB 71 constate qu’il y aussi beaucoup d’artisans qui sont épuisés par la situation complexe et incertaine et elle reste très vigilante.

 

Jusqu’à quand l’activité va tenir ?

Reste une inconnue : jusqu’à quand les clients pourront-ils absorber le renchérissement de leurs travaux ? une question qui risque de devenir cruciale au moment où le pouvoir d’achat des ménages diminue tout comme les aides auxquelles ils peuvent prétendre avec, en particulier, la suppression de certains coups de pouce CEE.

La CAPEB a l’intention de faire des propositions à ce sujet lors des Assises du Bâtiment promises par Bruno Le Maire lors de l’assemblée générale de la Confédération des 21 et 22 avril 2022.

Autant d’éléments que la CAPEB 71 met en avant dans ces rencontres et échanges avec les candidats aux élections législatives. Car ceux qui seront élus auront des décisions importantes à prendre pour l’économie du bâtiment et du pays.