» Mouvement “gilets jaunes” : l’U2P a fait part de ses revendications au Président de la République

 

Le Président de la République a réuni le 10 décembre 2018, les huit organisations syndicales de salariés et d’employeurs représentatives au niveau national et interprofessionnel. L’U2P (Union des Entreprises de Proximité) à laquelle adhère la CAPEB y était présente.

 

Participaient également à cette réunion les Présidents de l’Assemblée Nationale, du Sénat et du Conseil Économique Social et Environnemental, ainsi que les Présidents des huit associations de collectivités territoriales.

Selon les services de l’Elysée, « le Président de la République a souhaité réunir l’ensemble des forces politiques, territoriales, économiques et sociales, dans ce moment grave que traverse la Nation, afin d’entendre leur voix, leurs propositions et avec pour objectif de les mobiliser pour agir ».

La réunion initialement prévue de 10H à 13H s’est prolongée jusqu’à 14H30. Il y a eu vingt-trois interventions avec des demandes qui sont loin d’être convergentes.

 

Pour sa part, l’UP2, par la voix de son président Alain GRISET a fait l’intervention qui suit :

U2P_logo_Saone_et_Loire_CMJN

« L’U2P comprend d’autant plus les revendications des « Gilets jaunes » qu’elle portait une partie de ces revendications avant même le lancement du mouvement.

L’U2P appelle à mettre fin à toutes les violences sur les personnes et les biens, considérant qu’un certain nombre de réponses ont été apportées. Le Gouvernement a ainsi supprimé les hausses de taxes sur l’énergie et les carburants et a ouvert la voie à la concertation.

La poursuite des blocages et des dégradations conduirait inexorablement à la disparition d’un grand nombre d’entreprises de proximité, à commencer par les commerces de proximité privés du chiffre d’affaires de fin d’année.

Le mouvement des « Gilets jaunes » résulte d’une triple fracture : sociale, territoriale et numérique. Il nécessite de prendre des mesures immédiates et de remettre en cause le fonctionnement actuel de l’Etat.

Il n’est pas acceptable notamment que l’Etat ignore qu’une majorité d’entreprises de proximité sont en entreprises individuelles, soumises à l’impôt sur le revenu, et ne bénéficieront donc pas de la baisse de l’impôt sur les sociétés. Compte tenu de la trajectoire de baisse de l’IS, cette inégalité de traitement ne va faire que s’accroître.

Beaucoup de chefs d’entreprise de proximité considèrent que le niveau des prélèvements obligatoires, notamment sociaux, est devenu insupportable et que les réglementations applicables aux entreprises de proximité entravent leur développement.

En ce qui concerne la prime de fin d’année qui pourrait être accordée par les entreprises à leurs salariés, l’U2P y est favorable à la condition que cette prime soit défiscalisée, exonérée de charges, facultative, et que son montant soit laissé à l’appréciation du chef d’entreprise en fonction des capacités de l’entreprise.

S’agissant du volet logement, il faudrait en particulier prendre en compte la situation des apprentis notamment en généralisant l’hébergement en CFA. C’est pourquoi l’hébergement dans les CFA doit être pris en compte dans l’établissement du coût – contrat.

J’attire aussi votre attention sur l’opposition de l’U2P à la création d’une nouvelle taxe sur les entreprises pour le transport des salariés. Il serait plus pertinent d’établir des plans de déplacement, territoire par territoire, pour faciliter le transport des salariés à moindre coût.

Enfin, il conviendra de travailler sur le rôle et les missions des partenaires sociaux, et leur place dans la société. Dans cette perspective, je tiens à souligner que l’U2P conteste les critères de mesure de la représentativité patronale tels qu’ils résultent de la dernière réforme. Vous remerciant de votre attention. »

 

U2P, Medef et CPME ont par ailleurs convenu de diffuser le communiqué commun qui suit.

 

La CPME, le MEDEF et l’U2P demandent des annulations de charges sociales sur le 4ème trimestre 2018 pour les entreprises en difficulté

 

La crise des gilets jaunes a d’ores et déjà un impact majeur sur l’économie, et sur les entreprises. De nombreux secteurs sont touchés, au premier chef le commerce, le transport et la logistique, ainsi qu’hôtellerie et restauration, mais aussi l’industrie et le bâtiment pour les livraisons de fournisseurs ou de clients.

 S’agissant d’une période normalement très intense en préparation des fêtes de Noël, les mesures annoncées de report de charges sociales ne suffiront pas dans certains cas de fortes baisses d’activité qui ne pourront pas se rattraper dans les mois suivants.

 La CPME, le MEDEF et l’U2P demandent en conséquence une exonération de charges (abandons de créances) sur le 4ème trimestre pour les entreprises répondant aux critères suivants :

-moins de 50 salariés

-perte d’au moins 30% de chiffre d’affaires.


 

Le Président de la République n’a pas fait d’annonce se réservant pour sa déclaration de 20H ce soir. En revanche il a invité les partenaires sociaux à travailler, dans le cadre de négociations, à la révision de « notre modèle social, économique et fiscal » de façon à construire un modèle qui corresponde mieux aux transformations du monde et aux aspirations des Français.

 

« Du pain sur la planche ! ».